Un signal politique pour les soins primaires… mais une vigilance qui reste de mise
En début d’année, l’annonce d’une fin brutale de l’expérimentation SECPA (structures d’exercice coordonné participatives – article 51) avait provoqué une forte inquiétude dans le champ des soins primaires.
Cette expérimentation concerne des centres et des maisons de santé développant un modèle particulier : gouvernance partagée, implication des habitants et organisation collective du soin.
Elle s’inscrit dans les dispositifs visant à améliorer l’accès aux soins et à réduire les inégalités territoriales.
Une expérimentation finalement prolongée
Après mobilisation des acteurs, la situation a évolué :
Le financement des structures d’exercice coordonné participatives est finalement maintenu pour l’année 2026.
L’Assurance Maladie prolonge ainsi la prise en charge de ces structures, permettant d’éviter leur arrêt immédiat et de laisser le temps d’évaluer leur impact réel sur l’accès aux soins.
Cette décision fait suite à une période d’incertitude importante : la fin programmée de l’expérimentation aurait mis en difficulté directe plusieurs équipes et leurs patientèles, alors même que ces centres accueillent souvent des publics éloignés du système de santé.
Une mobilisation nationale pour préserver l’accès aux soins
Cette inquiétude n’est pas restée cantonnée aux seuls acteurs locaux. Elle a donné lieu à une mobilisation nationale large, traduite par une tribune publiée dans la presse, co-signée par de nombreuses organisations du soin, des usagers et de la santé publique — dont AVEC Santé et les fédérations régionales de l’exercice coordonné.
La tribune co signée AVECSanté et MédiaPart alerte sur les conséquences potentielles d’un arrêt du dispositif : au-delà d’un modèle organisationnel, les structures participatives portent une vision du système de santé fondée sur la démocratie sanitaire, la participation des habitants et la réduction des inégalités sociales de santé.
Elle rappelle que ces organisations permettent notamment
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d’atteindre des publics éloignés du soin,
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d’améliorer l’accès aux soins dans des territoires fragiles,
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de renforcer l’appropriation des parcours de santé par les patients eux-mêmes.
Les signataires soulignent également que ces centres ne sont pas seulement des lieux de consultation mais des outils de transformation du système de santé, associant habitants, collectivités et professionnels dans une logique de santé communautaire.
Autrement dit, la question posée dépasse le financement d’un dispositif expérimental : elle concerne le modèle de soins que la France souhaite soutenir à long terme — un système centré uniquement sur l’offre médicale ou un système construit avec les populations.
Sources :
https://www.fncs.org/fin-brutale-de-l-experimentation-secpa-article-51








