Sous-densité médicale : en quoi les MSP peuvent être une réponse durable… et quelles sont leurs limites ?

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Sous-densité médicale : et si la clé était dans le travail d’équipe ?
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Depuis plus de quinze ans, l’accessibilité aux soins de médecine générale se dégrade en France. Entre 2015 et 2023, l’accessibilité moyenne aux médecins généralistes a chuté d’environ 20 %. En cause : un numerus clausus trop restrictif pendant plusieurs décennies, le vieillissement de la population et l’augmentation des besoins en soins.

 

Cette réalité est vécue de manière très inégale selon les territoires, creusant les écarts entre zones bien dotées et territoires fragiles. Près d’un tiers de la population vit aujourd’hui dans des zones où l’accès aux soins de premier recours est dégradé ou menacé.

 

Dans ce contexte, les pouvoirs publics ont multiplié les leviers : aides financières à l’installation, incitations fiscales, recours à des médecins formés à l’étranger, cumul emploi-retraite… Mais la littérature est claire : les mesures uniquement financières sont peu efficaces à long terme.

 

Ce qui ressort comme structurant et durable : les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP).

 

Pourquoi les MSP attirent davantage les jeunes médecins ?

Les travaux de recherche convergent :

Les MSP ont un impact positif sur l’installation des jeunes médecins généralistes, notamment dans les zones sous-dotées.

 

Plusieurs facteurs expliquent cette attractivité :

  1. Une meilleure qualité de vie au travail

Les jeunes médecins citent souvent :

  • Le soutien entre pairs,

  • La possibilité d’échanger sur les situations complexes,

  • Une organisation plus collective,

  • Une meilleure conciliation vie pro / vie perso (congés, remplacements facilités).

  1. Un exercice moins isolé

L’exercice coordonné rompt avec la solitude du cabinet individuel.

Les MSP favorisent :

  • Le travail en équipe,

  • Le partage des responsabilités,

  • La mutualisation des compétences.

  1. Une organisation plus efficiente

Les études montrent que l’exercice en MSP permet :

  • D’augmenter le nombre de patients suivis,

  • De développer la prévention,

  • D’améliorer les indicateurs de qualité (ROSP),

  • De mieux suivre les patients chroniques.

« C’est plus simple de s’organiser et de prendre des vacances » – verbatim issu des enquêtes qualitatives.

 

Coopérations pluriprofessionnelles : un levier clé

 

Les MSP facilitent :

  • La délégation de tâches,

  • La coopération avec les infirmiers,

  • Le recours aux IPA, assistants médicaux, ASALEE.

 

Résultat :

plus de temps médical disponible,

meilleure prise en charge des patients chroniques,

augmentation de la file active suivie.

 

📌 Les médecins exerçant en MSP sont :

  • Plus nombreux à déléguer,

  • Plus engagés dans des coopérations quotidiennes avec les paramédicaux,

  • Particulièrement actifs dans les zones sous-denses.

(re)Découvrez notre guide des protocoles de coopération locaux : https://www.fecop.fr/actualites/le-guide-pratique-les-protocoles-de-cooperation-locaux

 

En quoi Fécop joue un rôle dans cette dynamique ?

 

En Occitanie, Fécop accompagne au quotidien les équipes dans :

  • La structuration de leur projet de santé,

  • L'organisation du travail en équipe,

  • Le développement de coopérations concrètes,

  • La montée en compétences des professionnels,

  • L’animation territoriale (webinaires, formations, événements).

 

Découvrir notre offre de service : https://www.fecop.fr/notre-offre-de-services


👉 Car une MSP ne devient pas « efficiente » par hasard.

C’est le niveau d’intégration de l’équipe qui fait la différence :

  • Réunions régulières,

  • Protocoles partagés,

  • Coordination réelle,

  • Projets communs.

 

C’est précisément là que l’accompagnement Fécop prend tout son sens.

 

Mais la MSP n’est pas une solution miracle

Les études invitent aussi à nuancer.

Une charge de travail toujours élevée

Même en MSP :

  • Les médecins peinent à répondre à la demande,

  • Refusent parfois de nouveaux patients,

  • Subissent des délais d’attente importants.

 

Une coopération encore inégale

Moins de la moitié des médecins en MSP délèguent réellement des tâches.

Certaines MSP restent :

  • Très peu intégrées,

  • Proches d’un exercice juxtaposé,

  • Sans réel projet collectif.

 

Or, sans coopération structurée les gains d’efficience sont limités et les bénéfices attendus ne se concrétisent pas.

 

La MSP seule ne compense pas la pénurie

Les médecins eux-mêmes ne considèrent pas la MSP comme une réponse suffisante à la sous-densité, en effet, elle améliore les conditions d’exercice, mais ne crée pas de médecins supplémentaires.

 

Ce que nous disent les études : la clé, c’est le projet d’équipe

 

Toutes les recherches convergent :

👉 Ce n’est pas la MSP en tant que bâtiment qui fait la différence, mais le niveau d’intégration de l’équipe.

Une MSP fonctionne quand :

  • Les professionnels partagent des valeurs,

  • Définissent des objectifs communs,

  • Organisent de vraies coopérations,

  • Construisent un projet de santé vivant

 

Oui, la MSP est :

attractive,

structurante,

favorable à la qualité des soins,

bénéfique pour l’installation des jeunes médecins.

Mais elle doit être :


En conclusion

 

Face à la sous-densité médicale, la MSP n’est ni un gadget, ni une solution magique.

C’est un outil puissant quand il est bien utilisé.

 

👉 Pour Fécop, l’enjeu est clair :

Accompagner les équipes pour passer : d’une cohabitation de professionnels à un véritable exercice coordonné.

 

Car c’est là que se joue l’avenir :

attractivité des territoires,

qualité des parcours,

durabilité des organisations de soins.

 

 

Source : Comment les médecins généralistes s’adaptent-ils à la sous-densité médicale ? 

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