Alors que la démographie médicale française progresse, l’accès aux soins reste profondément inégal sur le territoire. C’est le constat posé par un article récent de Maire‑Info, qui met en lumière un paradoxe bien connu des acteurs de terrain : l’augmentation du nombre de médecins ne se traduit pas automatiquement par une amélioration de l’accès aux soins pour tous.
Une démographie médicale en hausse, un signal encourageant…
Les chiffres sont sans ambiguïté : la France compte aujourd’hui davantage de médecins qu’il y a quelques années. Cette évolution s’explique notamment par l’augmentation des capacités de formation, la suppression du numerus clausus et l’arrivée progressive de nouvelles générations de praticiens.
Sur le papier, cette dynamique pourrait laisser espérer une réponse aux difficultés d’accès aux soins rencontrées par les patients dans de nombreux territoires.
… mais des inégalités d’accès toujours marquées
Dans les faits, la situation reste contrastée. L’article souligne que la répartition des médecins demeure très inégale, avec une forte concentration dans certaines zones urbaines ou attractives, tandis que d’autres territoires — ruraux, périurbains ou défavorisés — restent sous-dotés.
Ces déséquilibres se traduisent concrètement par :
- des difficultés persistantes pour trouver un médecin traitant,
- des délais de rendez‑vous parfois très longs,
- un renoncement aux soins pour une partie de la population,
- une surcharge des urgences et des structures hospitalières.
L’inégalité d’accès aux soins n’est donc pas uniquement une question de nombre de professionnels disponibles, mais bien d’organisation de l’offre de soins et de conditions d’exercice.
Un problème qui dépasse la seule question géographique
L’article rappelle également que les inégalités concernent certains publics plus que d’autres : personnes âgées, patients en situation de précarité, patients atteints de maladies chroniques ou présentant des besoins complexes.
Pour ces patients, l’absence de coordination entre professionnels, la fragmentation des parcours et la difficulté à naviguer dans le système de soins constituent autant d’obstacles supplémentaires.
Réorganiser les soins : un levier majeur
Le message clé est clair : augmenter le nombre de médecins ne suffit pas. Sans transformation des modes d’exercice, les déséquilibres risquent de perdurer.
Dans ce contexte, l’article met en perspective plusieurs leviers déjà identifiés :
- le développement de l’exercice coordonné,
- le travail en équipe pluriprofessionnelle,
- une meilleure articulation entre soins de ville, médico‑social et hôpital,
- l’inscription des professionnels dans des projets territoriaux de santé.
L’exercice coordonné, une réponse concrète aux inégalités
Pour les professionnels engagés en maisons de santé, centres de santé ou CPTS, ce constat fait écho à la réalité quotidienne : la coordination permet de mieux répondre aux besoins des patients tout en sécurisant les conditions d’exercice.
En favorisant le partage des rôles, la continuité des parcours et une prise en charge collective, l’exercice coordonné apparaît comme une réponse structurante aux enjeux d’accès aux soins, en particulier dans les territoires fragiles.
En conclusion
L’augmentation du nombre de médecins constitue une opportunité, mais elle ne produira des effets durables que si elle s’accompagne d’une organisation plus collective et plus territorialisée des soins. Pour les professionnels de santé, l’enjeu n’est pas seulement démographique : il est profondément organisationnel.
Source : article « Toujours plus de médecins mais pas moins d’inégalités d’accès aux soins », Maire‑Info – le quotidien d’information des élus, avril 2026.








