Et si un équipement médical permettait à la fois de renforcer le dépistage, d'améliorer les parcours de soins et de créer de nouvelles coopérations au sein de l'équipe ?
C'est le pari qu'a fait la MSP du Mas à Pamiers avec la mise en place d'un protocole de dépistage de l'anévrisme de l'aorte abdominale, associé à l'acquisition d'un échographe polyvalent.
Répondre à un besoin identifié
Le projet est né de l'initiative d'un médecin généraliste de la structure, qui s'est d'abord formé à l'échographie avant de rédiger un protocole de dépistage adapté à la patientèle du territoire.
L'objectif : identifier précocement les patients à risque d'anévrisme de l'aorte abdominale, une pathologie souvent silencieuse mais pouvant engager le pronostic vital en cas de complication.
Les critères d'inclusion ont été définis en équipe, notamment pour les hommes de plus de 65 ans ayant un tabagisme actif ou ancien, ainsi que pour certaines personnes présentant des antécédents familiaux.
Un projet construit pas à pas
La réflexion et la rédaction du protocole ont débuté en 2025. Entre la construction du projet, sa formalisation et sa validation, environ trois à quatre mois de travail ont été nécessaires.
La mise en œuvre opérationnelle a démarré début 2026 et se poursuit aujourd'hui.
La coordinatrice de la MSP a notamment accompagné la finalisation du protocole et son envoi aux partenaires concernés.
Une dynamique qui mobilise plusieurs professionnels
Si un seul médecin de la MSP est aujourd'hui formé à l'échographie, le repérage des patients repose sur une démarche collective.
Les kinésithérapeutes jouent actuellement un rôle majeur dans l'identification des personnes susceptibles de bénéficier du dépistage, mais les infirmiers, pharmaciens et autres professionnels de santé de la structure peuvent également orienter les patients vers le dispositif.
Cette logique d'équipe permet d'intégrer le dépistage dans le parcours de soins habituel des patients.
Des bénéfices déjà visibles
Six mois après le lancement du protocole, trois patients ont déjà bénéficié de l'examen, dont un pour lequel une modification des mesures a été identifiée et nécessite désormais une surveillance adaptée.
Pour les patients, les retours sont très positifs. Pouvoir réaliser cet examen auprès de leur médecin traitant simplifie le parcours, facilite les explications et permet, si nécessaire, une orientation rapide vers un spécialiste.
Mais les bénéfices de l'échographe dépassent largement ce seul protocole.
Les kinésithérapeutes sollicitent régulièrement le médecin pour compléter l'évaluation de certaines douleurs atypiques. La sage-femme de la structure réalise quant à elle des échographies de datation permettant l'accès à l'IVG médicamenteuse en ville, une offre qui n'existait pas jusqu'alors sur le bassin de Pamiers.
Le conseil de l'équipe
Pour la MSP du Mas, un protocole n'est jamais une fin en soi.
Avant de se lancer, il est essentiel d'analyser les besoins du territoire, les caractéristiques de sa patientèle et les ressources disponibles au sein de l'équipe.
« Les protocoles sont là pour répondre à un besoin. Il est important de réfléchir au projet en amont et de vérifier qu'il est réellement pertinent pour sa structure et son territoire. »
Une approche pragmatique qui illustre parfaitement ce que permet l'exercice coordonné : partir des besoins du terrain pour construire des réponses concrètes au bénéfice des patients.
Et après ?
Depuis la rédaction de cet article, La MSP nous a recontacté pour nous donner des nouvelles :
"Entre temps le Dr Côme a fait une écho de dépistage chez un patient entrant totalement dans le protocole avec une découverte d'un anévrisme aux dimensions chirurgicales, le patient a été redirigé vers le CHU de Toulouse et il va être pris en charge pour une chirurgie vasculaire rapidement."








